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La start-up RoSi vise le recyclage du silicium photovoltaïque

Thématique : Production d’énergies – Solaire

Parution : 19/10/2018

La start-up RoSi (issue du laboratoire SIMaP, membre du Carnot Énergies du futur) innove dans le recyclage des déchets de la production des cellules solaires.

Alors que le solaire photovoltaïque affiche une croissance exponentielle depuis une dizaine d’années, la start-up RoSi se penche sur le recyclage des déchets de la production des cellules solaires. Le marché potentiel est énorme.

La production de silicium solaire photovoltaïque avoisine aujourd’hui les 500 000 tonnes par an. Or, sur les 470 000 tonnes produites en 2017, pas moins de 200 000 ont été réduites en copeaux lors de la découpe des lingots de silicium pur en cellules solaires. Ces copeaux, inexploitables, représentent une perte de près de 40% de matières premières. Un gaspillage d’autant plus inacceptable que la production d’une tonne de silicium photovoltaïque nécessite 5 tonnes de ressources naturelles, et que cette production sera de 800 000 tonnes d’ici à 2022.
Jusqu’à présent, toutes les tentatives de recyclage des copeaux, appelés kerf’s, se sont heurtées à la difficulté de purifier ces derniers, contaminés par d’autres produits lors de la découpe. Le processus alors utilisé mettait en effet en œuvre un fil sur lequel était déposé du carbure de silicium qui contaminait le mélange.

© AdobeStock

La question du recyclage remise au goût du jour

Or, en 2013 est apparue dans l’industrie une nouvelle technique de découpe au diamant, laquelle présente non seulement l’avantage d’être plus rapide mais aussi de produire des déchets beaucoup plus purs. Daniel Bajolet, un ancien dirigeant de Rhodia Silicones reconnu dans l’industrie du silicium, et Yun Luo, une jeune chercheuse qui travaillait sur le nettoyage des kerf’s en Suisse, ont saisi cette opportunité pour se pencher à nouveau sur la question de leur recyclage. Ils se sont rapprochés du SIMaP (laboratoire membre du Carnot Énergies du futur), et notamment de Guy Chichignoud, dont l’équipe explorait de nouvelles voies d’épuration du silicium métallurgique pour en faire du silicium solaire.

Avec le soutien de l’incubateur Linksium, ils ont fondé RoSi en novembre 2017. Grâce aux savoir-faire issus de l’équipe RoSi et du SIMaP sur l’épuration et le nettoyage des kerf’s, ainsi qu’en fusion et épuration du silicium, la start-up a mis au point une technique de nettoyage chimique des déchets issus des usines de cellules solaires pour les débarrasser de leurs résidus organiques et en faire une poudre sèche et pure, laquelle est ensuite fondue et mise en forme. Le silicium ainsi obtenu peut être réintroduit à différents niveaux de la chaine de production de silicium industriel.

Protégé par plusieurs brevets, le procédé fonctionne déjà à une échelle équivalente à 100kWc de panneaux. La jeune société, qui estime le marché du recyclage du silicium à trois milliards de dollars d’ici 2022, entend se faire une place de leader en proposant à ses clients soit de réinjecter le silicium recyclé dans leurs chaînes de production, soit d’obtenir la matière première à un coût bien plus bas. Avant cela, elle s’engage dans l’industrialisation du procédé avec le soutien de partenaires, notamment le SIMaP et la Région Auvergne-Rhône-Alpes.

Source : Grenoble INP

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